Le mieux-être des familles en temps de pandémie

19 octobre 2020

La COVID-19 a bousculé nos vies ces derniers mois. Nous avons connu une situation sans précédent avec le confinement qui a eu de multiples répercussions sur nos vies. Le niveau de stress a grimpé et le sommeil s’est grandement détérioré auprès de tous les membres de la famille. De plus, la dépendance à l’écran s’est accrue et le temps consacré à l’activité physique a chuté. Finalement, notre alimentation en a aussi souffert. Le choc associé au confinement a bousculé les routines familiales et nous incite à réfléchir sur la manière dont nous pouvons vivre plus sereinement cette deuxième vague qui s’amorce. 

À titre de présidente de deux tables de concertation nationale, soit la table sur un mode de vie physiquement actif (TMVPA) et la table québécoise sur la saine alimentation (TQSA), je suis préoccupée par les saines habitudes de vie, particulièrement en cette période de pandémie.

Pour explorer des pistes de réflexion afin d’affronter cette deuxième vague plus sereinement, j’ai discuté avec Dre Julie St-Pierre, pédiatre au CIUSSS du Centre Sud de l’Île de Montréal et au Centre universitaire de santé McGill.

Dre St-Pierre est reconnue mondialement pour son expertise dans le traitement de l’obésité chez les jeunes, du syndrome métabolique et de la prise en charge des enfants et des adolescents à risque de maladie cardiovasculaire.

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Dre St-Pierre a créé l’approche 180° qui est un programme communautaire qui vise à enseigner de saines habitudes de vies aux familles. Cette approche multidisciplinaire place l’enfant ou l’adolescent au centre du processus. Pour inciter les jeunes à modifier leurs routines, le programme mobilise des intervenants de la santé tels que des nutritionnistes, des infirmières, des kinésiologues, des travailleurs sociaux et même des psychologues. L’approche 180° mise sur l’éducation des parents qui reçoivent 25 heures de formation afin d’introduire des changements qui favorisent le bien-être des jeunes ainsi que celui de leurs familles. Cette approche reconnue internationalement permet de bonifier progressivement la qualité de vie des familles. 

Inspirée d’un échange avec Dre St-Pierre, je vous présente quelques réflexions touchant à l’alimentation, à l’activité physique et à la gestion du stress pour aider les familles à mieux traverser cette période aux nombreux défis.

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Planifier pour bien manger…. en famille !

Planifier l’alimentation de la famille se concrétise dans une variété de démarches, selon Dre St-Pierre. On pourrait, par exemple, profiter des marchés fermiers à l’automne pour faire le plein de légumes à congeler. On pourrait aussi se créer un répertoire de recettes rapides avec des protéines végétales pour éviter de manger trop de sandwichs. Ce type de planification évite de prendre des décisions impulsives qui ne sont pas toujours saines.

La planification favorise aussi la prise de trois repas équilibrés par jour en suivant le guide alimentaire canadien afin de fournir au cerveau le carburant dont il a besoin pour fonctionner toute la journée. Ainsi, on enseigne aux enfants à placer dans leurs assiettes l’équivalent en aliments de quatre de leurs mains, soit l’une de grains entiers, l’une de protéines végétales ou animales et deux de fruits ou légumes. Cette méthode préconisée par le Dre St-Pierre permet de responsabiliser les jeunes à l’égard d’une alimentation équilibrée (et de les faire participer à la préparation de l’assiette !). De plus, deux bonnes collations santé associant un fruit et une protéine ne sont pas à négliger afin de bien réguler notre appétit.

Le repas, c’est aussi l’occasion pour tous les membres de la famille de se retrouver et d’échanger sur les événements de la journée. En plus d’être un moment agréable où tous discutent en délaissant les écrans, la pédiatre note que les conversations nous incitent à manger plus lentement et à mieux ressentir le sentiment de satiété qui apparaît progressivement. 

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Les parents médiateurs de l’activité physique !

L’activité physique peut prendre plusieurs formes qui s’adaptent aux différents milieux de vie dans lesquels évoluent les familles.

Dre St-Pierre préconise l’importance de trouver une activité plaisante et accessible. On peut opter pour le redécouvrir des sports comme la raquette, le ski de fond, le patin, la glisse ou même faire un bonhomme de neige. Le transport actif est aussi une bonne option. La marche demeure l’activité la plus accessible et la moins couteuse. Tous peuvent profiter de l’automne pour faire des balades en forêt pour découvrir les magnifiques couleurs de l’automne et prendre des photos.

Selon elle, c’est le temps de se fixer des défis personnels ou essayer de nouvelles activités comme le yoga. Que ce soit pour accompagner les jeunes au parc ou pour suivre une capsule d’exercices en lignes, les contextes sont variés pour rester actifs.  Bouger a plusieurs avantages dont diminuer le stress et faciliter le sommeil.

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Apprendre à gérer son stress et celui des membres de notre famille 

Dre St-Pierre clame que l’un des défis les plus importants comme parent est certainement d’apprendre à gérer notre stress pour éviter qu’il ne se répercute sur nos jeunes. Comme le remarquait Nathalie Parent « parents stressés, enfants stressés ». En plus de l’activité physique, on peut amoindrir le stress en faisant une foule d’activités de loisir en famille comme la peinture, le dessin, les casse-têtes, apprendre un instrument de musique ou même en apprenant à cuisiner aux enfants. 

Le but est d’éloigner nos jeunes des écrans et surtout à la surexposition aux mauvaises nouvelles. En les observant, on peut devenir plus sensible à l’ennui, la tristesse et l’incertitude qu’ils ressentent. La pédiatre stipule que les changements de comportements alimentaires peuvent aussi nous donner un indice de l’état de santé mentale de nos enfants (selon Dr de Lafrance pédopsychiatre à Obésité Canada). Pour nos enfants ou pour nous, il ne faut surtout pas hésiter à chercher l’aide auprès d’un psychologue pour remédier à des problèmes de santé mentale.

Une bonne hygiène de vie physique et mentale repose sur un sommeil adéquat. La création d’une routine (brosser les dents, couper les écrans, raconter une histoire, un petit exercice de méditation ou de respiration consciente au besoin...) avant le coucher diminue le stress et facilite le sommeil. Le manque de sommeil réduit l’envie de bouger, amoindrie la concentration et est associé à l’obésité chez les jeunes comme chez les adultes constate Dre St-Pierre.

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Comment réussir à mettre toutes ces mesures en pratique ?

La pédiatre a souvent remarqué que les parents peuvent facilement se sentir coupables face à toutes ces recommandations qui ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre. Il est certain que la planification et la création d’horaires facilitent le développement d’habitudes de vies saines chez les enfants. 

Par contre, elle note qu’un parent aimant sait encadrer ses enfants, ce qui implique parfois dire non. Ce parent peut aussi se tourner vers un membre de la famille élargie, un autre parent, un ami ou une équipe de professionnels pour trouver les ressources nécessaires au bien-être de sa famille.

Le contexte actuel est tout sauf ordinaire et il est normal que notre routine familiale soit affectée. Merci énormément à Dre St-Pierre pour ces précieux conseils et ses trucs simples qui aideront certainement notre famille à garder l’équilibre pour les mois à venir.

Je vous souhaite beaucoup de bienveillances, à vous et vos proches xx

 


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