La transition, c’est maintenant

22 septembre 2020

Les ingrédients de la transition écologique sont déjà là : choisissons aujourd’hui ce dont demain sera fait.

Femme inspirante d’une grande sagesse, Laure Waridel œuvre dans l’engagement social et la recherche depuis plus de 30 ans. 

D’origine suisse, elle demeure une sociologue renommée dans le développement international et l’environnement. Laure possède une formation multidisciplinaire dont une thèse de doctorat qui traite du foisonnement d’initiatives international qui vise à changer les choses.

Auteure du livre La transition c’est maintenant et Co-fondatrice d’Équiterre, l’écosociologue a pris conscience de cet indissociable lien entre l’environnement et la société lorsqu’elle était encore adolescente. Suite à une présentation du Club 2/3 qui l’avait alors beaucoup touché, elle a rapidement su canaliser ses émotions dans l’engagement social. On venait alors d’éveiller un des plus grands esprits pionniers du commerce équitable et de la consommation responsable du Québec moderne.

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Une pandémie pour mettre en place de grands changements environnementaux

 J’ai eu le privilège de m’entretenir avec Laure Waridel en Facebook live le 14 mai dernier ! 

La crise sanitaire que nous vivons actuellement demeure une occasion majeure de remises en question, de grands changements et de nouveaux départs. Plus que jamais, cette pandémie marque le moment d’agir pour enfin répondre aux vrais besoins des gens et respecter les écosystèmes. La période est favorable pour s’interroger et prendre conscience des réels freins et accélérateurs de changements.

Le désir d’agir ensemble pour une relance saine des activités, réduire l’empreinte écologique et favoriser le bien-être humain est, selon Laure, un véritable mouvement de fond porté par une grande majorité. Le moment est idéal pour construire une nouvelle normalité et éviter de revenir à celle d’avant (qui ne fonctionnait déjà pas d’ailleurs !) et favoriser la consommation responsable.  

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La santé de l’humain et celle de l’environnement vont de pair

Il est reconnu qu’un des principaux déterminants de notre santé passe par la qualité de notre environnement : la qualité de l’air que l’on respire, de l’eau que l’on boit, des aliments que l’on mange, etc.

Au fil des années, les humains ont malheureusement détruit plusieurs autres espèces à un point tel que l’environnement a changé rapidement.

Depuis quelques années maintenant, l’importance de mettre en place des moyens concrets pour lutter contre les changements climatiques est prioritaire.

Au même titre que la courbe de la COVID-19 que nous souhaitons aplanir, il y en a d’autres sur lesquelles nous devrions collectivement travailler pour tendre vers une planète plus verte. La plus connue demeure évidemment celle des émissions de gaz à effets de serre qui a, cela dit, considérablement baissé avec le confinement imposé à la population depuis la pandémie. En effet, les mesures de lutte contre la COVID-19 ont réduit de 17 % les émissions de GES.

Comment faire sa part au quotidien ?

La pandémie nous affecte tous, personnellement et professionnellement. Pour plusieurs, la réflexion sur l’achat local et l’encouragement des entreprises québécoises était déjà bien amorcée, mais s’est vue décupler avec cette situation exceptionnelle.

Une grande problématique au Québec demeure le gaspillage alimentaire, qui navigue entre 30% et 50% de la nourriture produite. Pourtant, il existe plusieurs solutions pour préserver les aliments plus longtemps telles que congeler ses produits, faire des soupes ou simplement utiliser des contenants transparents pour voir plus aisément ce qu’ils contiennent. Selon l’écosociolgue, il existe aussi d’autres avenues pour contrôler et éventuellement résoudre ce problème dont le fait de travailler ensemble pour limiter le gaspillage et encourager les entreprises qui récupèrent les aliments, comme Jus Loop par exemple.

Pour souhaiter un changement de comportements collectif, il faut d’abord être conscient de l’importance de chacun de nos gestes au quotidien. Si tout le monde évitait une consommation de viande excessive, mangeait local et bio et soutenait l’agriculture régénératrice, il y aurait un reflet direct sur notre société.

Une fois conscientisé par nos comportements et relations avec les aliments, parlons d’agriculture. Une fois de plus, Laure valorise et souhaite que la population réalise l’immense valeur du travail de nos producteurs agricoles locaux en prenant le temps de se plonger dans leur réalité.

Cette année, toute la chaîne de main d’œuvre mise de l’avant par les agriculteurs a été compromise. Depuis plusieurs années, les fermes du Québec font appel aux travailleurs étrangers lorsque le temps des récoltes approche. Cette année, avec les voyages interdits ou strictement contrôlés, la difficulté de recruter des travailleurs a été source d’inquiétude pour plusieurs et a permis de mettre en lumière l’ampleur du travail agricole, de la graine au fruit que l’on mange.

Évidemment, la manière de s’alimenter demeure un élément parmi tant d’autres pour tendre vers une nouvelle philosophie sociale. La liste de priorités collectives s’allonge, entre autres avec l’aménagement de nos villes en termes de logements et de moyens de déplacement.

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Changer oui, mais à quel prix 

On le sait, le Québec regorge de ressources favorables au développement d’un système de relance vert. Nous possédons l’intelligence, la capacité de coopérer et les ressources économiques pour adopter une nouvelle transition.

Comme point de départ, il faut d’abord changer de mentalité et cesser d’encourager les multinationales extractrices et l’industrie pétrolière ! Investissons plutôt notre argent dans une économie circulaire qui soutient nos travailleurs et favorise un système d’agriculture biologique régénératrice locale. « Cette solution nous permettrait de non seulement de continuer à profiter d’une richesse en dollars, mais créerait également une richesse sociale », soutient Laure à plusieurs reprises.

Avec tous les événements de l’année 2020, le moment semble d’actualité et approprié pour ramener l’idée du bonheur collectif comme richesse principale ; plusieurs études démontrent d’ailleurs que les pays qui offrent une meilleure distribution de la richesse ont aussi de meilleurs indicateurs de santé de leurs populations.

Le temps est venu de repenser certains paramètres, changer de vocabulaire et choisir la sobriété joyeuse plutôt que la simplicité volontaire. Bâtissons sur la force des liens et rappelons-nous les beaux mots sur lesquels Laure a choisi de terminer son livre : « Aimer est un gisement inépuisable de volonté, une énergie éternellement renouvelable à la base de tout. Aimer fait coopérer et nous rend responsables les uns des autres. Aimer, c’est transformer et comprendre que nous contribuons tous au le monde dans lequel on vit. » Et si on commençait simplement par là pour propulser la transition ?

Merci Laure pour ton engagement!

Sylvie xx


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